Wuyuan, résilience de la Chine rurale.
- 1 janv. 2019
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Dernière mise à jour : 11 juil. 2023
Avec ces villages nichés au creux des montagnes, la région de Wuyuan, proche de la ville de Jingdezhen au nord-est du Jiangxi conserve des paysages ruraux caractéristiques d’une Chine encore très peu développée, proche de ce que l’on peut imaginer de la Chine ancienne.
Aujourd’hui devenu très populaire auprès des touristes, ces villages sont aux prises entre la conservation de leur identité/authenticité et leur besoin de modernisation. Situé à 15km dans une autre vallée, l'exemple d’un village comme Likeng avec son afflux massif de touristes est typique de ce double mouvement d’intégration et de réaffirmation des identités. Dans ce village typique, on peut observer la construction frénétique de guest-houses et de boutiques de souvenirs. On retrouve ici la contradiction entre le désir d’authenticité des touristes et le désir de modernité chez les habitants de ces villages.
Partout en Chine, des lieux jusque là fermés, inaccessibles, s’ouvrent au tourisme de masse. Et c’est précisément parce qu’ils ont été longtemps fermés qu’ils attirent les touristes. Cette ouverture, qui permet au plus grand nombre d’avoir accès à une formes d'exotisme et de retour aux sources, conduit obligatoirement à la réduction de la singularité des lieux à des images. Il s’agit de rendre la culture "authentique" en la résumant à quelques symboles, aisément commercialisables sous forme de produits dérivés "artisanaux". Mais a l’inverse, même si elle est souvent dénoncée par l’avant-garde touristique fascinée par le mythe du paradis préservé, la création de routes goudronnées, la mise en place de services d’éducation et de santé, le rattachement du territoire jusque là enclavé à la société mondialisés, comme conséquence du développement du tourisme de masse, permet d’en finir avec la misère de ces enclaves rurales.
Le risque est développement d'un tourisme hors-sol qui réduit les cultures locales à leurs signes et transforment leurs protagonistes en figurants réduits au silence. Quant aux agriculteurs, ils n’ont comme alternative que de disparaître ou d’adopter les contraintes économiques du tourisme culturel et de se transformer en gardiens du paysage pour citadins en quête de dépaysement.
With its villages nestled in the mountains, the Wuyuan region, near the city of Jingdezhen in northeastern Jiangxi, preserves rural landscapes that are characteristic of a China that is still underdeveloped, reminiscent of what one can imagine of ancient China.
Today, these villages have become very popular among tourists, and they find themselves caught between preserving their identity/authenticity and their need for modernization. Located 15 kilometers away in another valley, the example of a village like Likeng, with its massive influx of tourists, is typical of this dual movement of integration and reaffirmation of identities. In this typical village, one can observe the frantic construction of guesthouses and souvenir shops. Here, we see the contradiction between tourists' desire for authenticity and the locals' desire for modernity.
Throughout China, previously closed and inaccessible places are opening up to mass tourism. And precisely because they were closed for a long time, they attract tourists. This opening, which allows a larger number of people to access a form of exoticism and return to the roots, inevitably leads to the reduction of the uniqueness of these places to mere images. The goal is to render culture "authentic" by reducing it to a few symbols that can be easily marketed as "artisanal" merchandise. However, on the other hand, even though it is often denounced by the avant-garde of tourism, fascinated by the myth of a preserved paradise, the creation of paved roads, the establishment of education and healthcare services, and the integration of previously isolated territories into the global society as a result of mass tourism development, put an end to the misery of these rural enclaves.
The risk is the development of a superficial tourism that reduces local cultures to their superficial signs and turns their inhabitants into silent extras. As for the farmers, they only have the choice to disappear or adopt the economic constraints of cultural tourism and transform into caretakers of the landscape for urban dwellers in search of new experiences.





































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